Premier essai Honda Civic Type R 2017, plus qu’on ne peut le croire


Croyez-moi sur parole quand je vous dis que je ne suis pas un pilote de course. Expérience et âge aidant, je suis capable de me débrouiller avec une certaine aisance sur un circuit, mais je ne roulerai jamais devant. Et c’est quand survient de telles occasions, comme ce fût le cas avec la nouvelle Honda Civic Type R sur le circuit du Mont-Tremblant, que j’apprécie la présence d’un bon instructeur.

Sur la tête, un casque et une cagoule qui me donne l’air d’un hamster avec mes joues rebondies. À mes côtés, Philippe Létourneau, instructeur d’expérience que l’on peut voir depuis longtemps dans « Canada’s worst driver». La bête: la toute nouvelle Honda Civic type R.

Si j’ai autant apprécié la présence de Létourneau, c’est que je ne voulais pas me battre avec le circuit. Je préférais profiter pleinement de la voiture elle-même qui, après quelques tours, nous en donne beaucoup plus qu’on ne pourrait le croire. En fait, je l’admet en toute sincérité, j’avais de sérieux préjugés sur la petite voiture aux allures de soucoupe volant que l’on disait dotée d’une tenue de route impeccable et d’une puissance spectaculaire. Une traction, me disais-je, ne pouvait pas être aussi réussie J’avais tort….

Affaire de look

Réglons tout de suite la question du profil de la voiture. La Civic type R 20187est la plus extrême des membres de la famille Civic, et vient compléter une gamme amorcée en 2015 avec la venue de la nouvelle génération.

Mais alors que l’on a abondamment souligné la nouvelle direction du design de la Civic, il faut bien admettre que la Type R le pousse à la limite avec son aileron aux imposantes dimensions, et aux nombreuses arêtes et modulations dans la carrosserie.

Ce n’est pas qu’une affaire de style, puisque toute les composantes ont été placées ainsi pour des raisons aérodynamiques . L’entrée d’air du capot et la forme de la calandre par exemple permettent bien sûr de refroidir le moteur, mais servent aussi à rediriger le flot d’air en fonction d’une augmentation de l’appui aérodynamique. Même chose pour l’ensemble des sillons qui donnent à la voiture cette allure unique.

Un bon mot pour l’habitacle cependant, puisque même très sportif, il a de la gueule. Les sièges Recaro sont enveloppants et ont été capables de soutenir sans difficulté ma silhouette un peu plus abondante que la moyenne. Le volant en forme de D offre une excellente prise en main et le tableau de bord, dont la couleur change en fonction du mode de conduite (normal, sport ou +R qui augmente progressivement la sportivité de la voiture) est facile à lire, même quand la vitesse dépasse un peu la raison.

Écran multimédia central, compatibilité Apple Car Play et Android Auto, tout y est (sauf le bouton de volume remplacé par une glissière dans le volant, à mon grand désespoir) pour faire de la Civic Type R un endroit confortable à vivre, même sur la route.

Bête de course

Assis au volant dans les puits du circuit Mont-Tremblant, j’attends mon tour en revoyant mentalement chaque virage. C’est totalement faux en fait, je discutais famille avec mon instructeur tout en essayant d’écouter le son affirmé de la petite voiture. Légère déception, malgré la présence d’un troisième échappement central qui doit agir comme un résonateur, il faut bien avouer que la sonorité de la Type R n’est pas à la hauteur de la silhouette ou des performances de la voiture.

On me donne enfin le départ. Quelques centaines de mètres à basse vitesse pour sortir des puits et boum, accélération. Ici, dès le départ, les 306 chevaux et 295 livres-pied de la voiture (fourni par le moteur 4 cylindres 2,0 litres turbo) se déchaînent, m’attirant vers la piste avec une aisance remarquable.

En fait je m’attendais à devoir me battre avec la direction pour contrer l’inévitable effet de couple. Après tout, c’est une traction. Mais d’effet de couple, il n’y a nulle trace. La conception même de la suspension, qui utilise deux jambes de force pour contrôle les roues, est unique à la Type R. La voie de la voiture ainsi outillée est de 62 mm plus large, a une légère cambrure supplémentaire mais surtout une tenue de route exemplaire. Pour pallier aussi à l’effet de couple, la mise en place d’une direction à assistance à double motorisation électrique et l’usage d’un différentiel hélicoïdal à glissement limité permettent de contrer tous les efforts.

En fait, même en poussant la machine au maximum, l’effet de couple est à peine perceptible. Et je pense que j’ai ressenti davantage l’effet psychologique (tellement je me persuadais de sa présence) plutôt que l’effet physique.

Les freins Brembo de grandes dimensions à quatre pistons d’une dimension de 350 mm agissent aussi comme un véritable mur de brique. En fait, dans quelques virages, je me surprenais à freiner à freiner trop fort et jamais la voiture n’a ressenti le moindre essoufflement dans de domaine.

Attention, il est parti

J’enfilais les virages avec une aisance grandissante au fil de la journée, grâce aux conseils de mon instructeur. Parce que, au lieu de battre le circuit, j’essayais plutôt de prendre la voiture en défaut. Raté oserais-je dire.

La petite Honda Civic Type R se faufile avec grâce, colle à la route malgré des vitesses de pointe qui avoisinaient les 200 km à l’heure, et m’a fait paraître comme un dieu de la conduite grâce à sa boîte de vitesse 6 rapports manuelle au comportement inspiré. Elle est même dotée d’un système de «Rev Matching» qui fait pour vous le talon-pointe, une technique de conduite délicate qui permet de mieux contrôler son régime moteur en décélération. Alors que la plupart des systèmes du genre sont des jouets qui ne fonctionnent qu’en partie, celui de la Type R est d’une redoutable précision. On peut le désactiver mais sincèrement, on se demande bien pourquoi on le ferait.

Aux termes de mes derniers tours de piste, je l’admet, j’éprouvais une certaine tristesse. J’aurais bien aimé continuer encore quelques heures, histoire de pousser davantage mon talent et celui de la voiture.

Édition limitée

Si vous voulez une Honda Civic Type R, dépêchez-vous. Il n’y a que 1 000 unités disponibles au Canada, et elles sont numérotées (j’ai conduit la 23 et la 24, si jamais la chose vous intéresse). Quant au choix, il sera facile: la Type R est tout équipée, et ne propose qu’une seule option, le noir ou le blanc. Tout le reste est de série.

Ne cherchez pas de toit ouvrant ni se sièges électriques, on les a omis pour des raisons de rigidité et de légèreté. En revanche, la navigation et toutes les autres fonctions sont incluses.

Avec un prix de base de 40 890$ (auquel on ajoute le transport et la préparation), la Honda Civic Type R vaut son pesant d’or pour qui aime la conduite de performance.

Chose certaine, avec son comportement et son attitude, la Honda Civic Type R est spectaculaire…. Et elle est sans conteste la meilleure Civic construite à ce jour!

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *